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ASPICS juin 2002 étude PISA / Rapport sur l'enseignement
du français Prise de position de l'ASPICS |
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Les
résultats de l'étude internationale PISA sur les compétences en lecture des
élèves en fin de scolarité obligatoire ont provoqué de nombreuses réactions en
Suisse, les compétences des élèves suisses s'étant révélées médiocres. Plutôt
que de gloser sur les conclusions de cette étude, discutable à bien des égards,
et de prendre le prétexte de ses résultats pour fuir en avant et justifier des
réformes, il nous paraît bien plus important d'ouvrir les yeux sur la réalité
que nous connaissons en Suisse, et en particulier dans le canton de Vaud. Pour
pallier les déficits de nos élèves en français, il convient de revenir à la
source, à savoir l'enseignement du français, tout particulièrement dans les
premières classes primaires. De
nombreuses analyses ont déjà été faites. L'une d'entre elles, réalisée il y a
10 ans, mettait déjà en évidence les problèmes qu'on prétend découvrir
aujourd'hui grâce à PISA. Il s'agit du Rapport
sur l'enseignement du français dans le canton de Vaud en 1992 (voir notre article), élaboré par
trois directeurs d'établissements secondaires (Philippe de Vargas, Jacqueline
Buvelot, Pierre Turuvanni). Ce rapport très critique a un avantage énorme sur
l'étude PISA: il s'attache aux causes des problèmes rencontrés et propose des
solutions concrètes. Ne perdons donc pas de temps et d'argent avec PISA. L'ASPICS réitère sa
demande faite aux autorités scolaires il y a deux ans, consistant à reprendre
le Rapport sur l'enseignement du français
dans le canton de Vaud en 1992, à prendre en compte sérieusement les
critiques qui y sont faites et à appliquer rapidement les propositions qu'on y
trouve. En
particulier, l'ASPICS reprend les propositions suivantes du rapport, qui lui
paraissent les plus importantes, et demande qu'elles soient rapidement mises en
œuvre. Toutes les propositions sont extraites du rapport mais l'ordre de leur
présentation est le nôtre. Nous renvoyons au rapport lui-même (ou au Journal de
l'ASPICS no 4) pour le constat des problèmes et l'analyse critique qui en
résulte. Les propositions qui suivent parlent d'ailleurs d'elles-mêmes. Propositions
générales – Admettre des
démarches plus directives et plus rapides que la pédagogie de la découverte. – Diminuer la part de
la "découverte" en augmentant celle de l'application, au moyen
d'exercices plus variés obligeant l'élève à un effort de réflexion et de
synthèse. – Promouvoir une
pédagogie de la maîtrise fondée sur un entraînement systématique fait d'attention,
de mémorisation, de répétitions, d'imitations, de nombreuses applications
graduées. – Remplacer les
nombreux manuels et brochures distribués chaque année par un manuel unique et
réutilisable, contenant par chapitre: une brève théorie, les constats ou règles,
de nombreux exercices d'entraînement oraux et écrits dont certains facultatifs,
des exercices de récapitulation.
[L'ASPICS se demande de quels «nombreux manuels» il s'agit: les parents ne
voient pour l'essentiel que des fiches. L'ASPICS continue avec insistance de
demander des manuels de référence.] – Mettre fin à la
contradiction entre la priorité théorique accordée à la communication et la
priorité pratique donnée à la grammaire et à l'orthographe, notamment en
développant les moyens d'enseignement consacrés à l'expression écrite
(composition). Propositions
spécifiques – Publier dans les plus brefs délais un
mémento grammatical bien structuré, avec des tableaux synoptiques facilitant la
compréhension et la mémorisation. – Réhabiliter la
dictée comme moyen d'apprentissage et de contrôle orthographiques. – Entraîner les
élèves à utiliser, à l'oral, des niveaux de langage plus élevés que celui
qu'ils emploient spontanément, et cela en fonction de la situation de la
communication. – Renoncer à l'usage
des signes phonétiques.
[Le rapport préconise cette mesure dès que la maîtrise de la lecture est
suffisante. L'ASPICS préfère un renoncement total, au vu des cris d'alarmes de
nombreux logopédistes.] – Revenir à l'ordre
traditionnel des personnes (je
- tu - il - nous - vous - ils), tout en
signalant aux élèves le caractère particulier des formes en nous et vous. – Réintroduire les
notions de verbe principal, d'espèce, de fonction. – Au lieu de
présenter les verbes un à un et apparemment dans le désordre, les grouper par
familles, en signaler les constantes et les différences. – Revenir à une
présentation logique des temps groupés par modes. – Ajouter à chaque
chapitre des exercices gradués, ainsi que des exercices de récapitulation. – Signaler clairement
les règles qui doivent être mémorisées et celles qu'on se contentera de
consulter selon les besoins. – Signaler clairement
les notions essentielles à maîtriser. – Remplacer le
"Cherche et trouve" (305 grandes pages à peu près inutilisables) par
un petit manuel de conjugaison simple et clair. – Réserver beaucoup
plus de temps, à tous les degrés, à la pratique de la rédaction et
particulièrement de la rédaction individuelle. |
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