retour des notes

Le DFJ a communiqué le 2 mai 2001 que les notes seraient réintroduites dès la 7-ème. A vrai dire, selon le mot d'un enseignant transmis au DFJ, il s'agit plutôt d'un «monstre hybride». Voici une réaction au vitriol d'une membre de l'ASPICS.

 

Nous sommes à nouveau dans le flou total. Le communiqué du Bureau d’Information et de Communication de l’état de Vaud s’intitule “évaluations des travaux d’élèves: les intentions du DFJ. Ce ne sont donc que des intentions, et rien n’est sûr  quant aux règles définitives qui nous tomberont dessus. Rien n’est sûr non plus quant à l’application sur le terrain de ces règles car nous savons maintenant que les instructions du DFJ sont souvent floues et même contradictoires. Il ne faut surtout pas qu’on se dise “ouf, les notes reviennent car des surprises, bonnes ou mauvaises, sont possibles; elles dépendent des pressions et réactions diverses face à ces intentions. à nous de faire le maximum pour canaliser ces intentions dans le bon sens. N’oublions pas que les codes d’évaluation ne vont pas disparaître. Même s'ils seront unifiés, ils seront toujours là. Pourquoi ? ? ? Pour remplacer définitivement les notes lors d’une prochaine mutation, lorsque les esprits seront calmés ?

 

Composition des notes dans les carnets

Nous retrouvons à nouveau ces horribles observations qualitatives des enseignants qui s’ajouteront aux notes des travaux significatifs pour donner une note globale dans le carnet. Pourquoi ne pas prendre en considération tous les travaux de l’élève et que les travaux de l’élève ? Les observations ne sont-elle pas par définition, subjectives ?  Ne dépendent-elles pas des valeurs, des qualités, des défauts et des préjugés de l’observateur ?

 

Nous savons que ces observations qualitatives sont basées sur des informations recueillies sur l’élève et nous savons aussi qu’aucun type d’information n’est exclu lorsqu’on évalue un élève (voir brochure du Seneps sur l’évaluation des élèves dans les écoles vaudoises). Tout ceci est-il légal ?

 

D’autre part, nous connaissons  quelques uns des objectifs “éducatifs  et transversaux (travaillés dans le cadre de toutes les disciplines) dévoilés dans le Plan d’Etudes 2000 ainsi que dans le projet “éducation-Prévention de la CIIP:  construire ses valeurs éthiques et spirituelles, développer son estime de soi, améliorer sa santé mentale et sociale, savoir expliciter (clarifier) ses valeurs et le plus effrayant de tous, le savoir-être. 

 

Pour moi, il ne peut exister une idée plus totalitaire et entravant les libertés individuelles d’une façon plus drastique que la notion de savoir-être. Le fait qu’une institution publique décide d’apprendre aux individus à être (quel être ? décidé par qui ?) , qu’elle mette les connaissances qui sont indispensables pour la liberté du jugement, au rang de simples “moyens , qu’elle force les individus à expliciter leurs valeurs pour trouver la méthode qui convient à chacun (différenciation) afin de “remédier son être et pour finir, que cette institution évalue le degré d’acquisition des objectifs comportementaux  pour s’assurer que l’individu a appris à être, un être défini par autrui, me donne la nausée.  Plus cynique encore est le fait que cette institution oblige les enseignants à se déguiser en gentils animateurs “copains  pour qu’ils puissent encore plus aisément observer, évaluer, sélectionner, orienter, étiqueter et manipuler.

 

Sachant que l’objectif premier, le cœur d’EVM, est la Formation (formatage) de l’individu (le DFJ a même changé de nom dans la même direction, DIPC devenu DFJ) et que les disciplines “ne sont pas des buts en soi, mais  des moyens au service du développement de l’élève (Plan d’Etudes 2000), je crains que ces “observations qualitatives soient plus importantes ou en tout cas aussi importantes que les travaux de l’élève. Même si l’intention du DFJ paraît être de ne pas arriver à une note globale inférieure à la moyenne des notes des travaux, ce n’est qu’une intention, et tant que ces observations et informations recueillies existent, un jour ou l’autre je suis intimement convaincue qu’elles prendront le dessus, car sans la manipulation de l’être, EVM n’est pas EVM.

 

Dès lors, la situation idéale serait d’arriver à détruire cette idée d’observation qualitative qui influence les notes de l’élève.  Mais ne rêvons pas ! Cela détruirait aussi EVM. Nous devons alors demander une liste de toutes  les “qualités qui doivent être observées par les enseignants . Nous devons demander que toutes les observations soient répertoriées par écrit, qu’elles soient datées et signées et qu’elles soient impérativement transmises à l’élève et aux parents afin de rendre les notes dans les carnets prévisibles et vérifiables.      

 

La page de gauche sera modifiée selon “des critères et des modalités nouvelles, non définis à ce jour. S’agit-il de rajouter quelques objectifs supplémentaires à la page de gauche, tels que, capacité à exprimer ses valeurs et ses sentiments, niveau de relativisme moral, niveau d’ouverture aux changements, adaptabilité,  goût pour l’occulte, capacité d’adhésion aux valeurs du groupe ? On n’en sait rien.

 

Il me semble important de suivre de très près les travaux de préparation des épreuves cantonales de référence, car une bonne partie des questions de telles épreuves aux USA servent à sonder les valeurs familiales et personnelles des élèves. Pour finir, n’oublions pas les “questionnaires qui finiront sûrement par resurgir car ils font partie intégrante des outils de récolte d’informations et de manipulation si chers à EVM.

 

Simone Bilman, juin 2001